Les dessous des cartes

Une préface que j’affectionne particulièrement

« …Gâtés que nous fûmes et que nous restons à l’échelle mondiale, nous hésitons à nous adapter au monde tel qu’il bascule, bouge et se réorganise; un monde où la France conserve toute sa place, comme disent les diplomates, encore faut-il qu’elle l’occupe avec tout à la fois plus de confiance et moins d’arogance! Préoccupés par cette crise environnementale d’amplitude planétaire, inquiétés par l’alarmisme de certains journaux dont les manchettes évoquent sans nuance l’existence de « bombes démographiques », de « complots islamistes » et autres « stratégies mondiale de la Chine », nous voici séduits par la peur ou plutôt par ceux qui la vendent. Peur du migrant, des investissements chinois, de l’islam, et pourquoi pas des révolutions démocratiques dans les pays arabes?

Une telle posture n’est pas tenable, du moins moralement. Comment tenir ce type de discours à ceux et celles qui ont aujourdh’ui 20 ans? Quelle vision courte! Quelle fermeture! Et quel manque de confiance dans les enseignants, dans le rôle central des instituteurs. Ainsi serait donc revenu « ce temps du monde fini », qu’annonçait Paul Valéry il y a exactement 100 ans? Je n’y crois pas une seconde : tout est ouvert, tout est devant, tout commence. Nulle façon là de nier la gravité des questions qui se posent à nous, nul déni des rapports de force mondiaux et de leurs impacts destructeurs. Mais chaque génération descendante a la conviction que les temps précédents étaient plus simples, et chaque génération montante croit entrer dans une crise. Raymond Aron ne disait-il pas que la perception de la stabilité est toujours retrospective? Je soustrais donc le mot crise et le remplace par mutations, car il n’est pas question de penser que les générations qui viennent ne vont pas trouver les issues, les inventions et même les valeurs morales qui les accompagneront…. »

Jean-Christophe VICTOR- Le dessous des cartes.

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