Lors de mes nombreuses pérégrinations sur le web je fais de belles découvertes. Celles de personnalités, comme aujourd’hui Vladimir Pozner dans 28 minutes (Arte), et celles d’émissions, comme cette semaine « Le Divan de Marc-Olivier Fogiel » avec pour invité Alexandre Jollien. J’ai toujours été admirative de son parcours. De sa détermination. D’un sourire dont on se demande si ce n’est pas un rictus lié au handicape ou à la joie d’être là.
Il y a aussi, lors de mes curiosités, la satisfaction de lire des auteurs qui me parlent. Des citations et des passages qui m’apaisent. Comme celui-ci. Il s’agit du passage d’un livre.
Rien ne vaut la peine d’être vécu qui n’est pas d’abord une oeuvre d’imagination, ou alors la mer ne serait plus que de l’eau salée… Tiens, moi, par exemple, depuis cinquante ans, je n’ai jamais cessé d’inventer ma femme. Je ne l’ai même pas laissée vieillir. Elle doit être bourrée de défauts que j’ai transformés en qualités. Et moi, je suis à ses yeux un homme extraordinaire. Elle n’a jamais cessé de m’inventer, elle aussi. En cinquante ans de vie commune, on apprend vraiment à ne pas se voir, à s’inventer et à se réinventer à chaque jour qui passe. Bien sûr, il faut toujours prendre les choses telles qu’elles sont. Mais c’est pour mieux leur tordre le cou. La civilisation n’est d’ailleurs qu’une façon continue de tordre le cou aux choses telles qu’elles sont
« Les cerfs-volants » de Romain Gary
Cela m’inspire également une citation que j’aime beaucoup :
[…] et n’oublie pas ceci : c’est que souvent l’amour meurt parce qu’on ne fait pas, pour le conserver, tout ce qu’on avait fait pour l’inspirer.
Alfred de Musset