Changer d’altitude

Changer d’altitude est un livre de Bertrand Piccard paru aux éditions Stock en 2014. L’auteur, médecin psychiatre et aéronaute suisse, y expose les clés pour une vie plus apaisante et plus stimulante. Il nous invite également à nous détacher de nos certitudes qui nous ferment aux éventualités constructives.

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Cette lecture est née d’une rencontre, celle de Thibaud, un élève de la promotion bachelor 2015 à Sciencescom. C’est lors d’un dîner chez ce dernier que j’ai saisi ce livre bien à sa place dans le dérangement ordonné de ce jeune homme de 23 ans. « Changer d’altitude », du bleu sur fond blanc. Thibaud me parle alors de l’auteur et de son admiration pour ce dernier. Je découvre effectivement un homme qui ne ressemble pas aux autres. Brillant. Fils de l’océanographe Jacques Piccard et petit fils du physicien Auguste Piccard, ce sportif aimant les challenges est le premier homme, avec son coéquipier Brian Jones, à avoir fait le tour du monde en ballon, le Breitling Orbiter 3, en 1999.

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Quelques solutions pour mieux vivre sa vie
Ma première impression était assez froide. N’aimant pas les lectures « bien-être », j’ai mis du temps à ouvrir ce livre que j’avais pourtant emprunté depuis plusieurs mois. Puis, le parcours de cet homme m’a incité à entreprendre cette lecture. Je terminais alors un ouvrage de Michel Baroin, autre figure masculine que j’ai découvert et appréciée. Des hommes qui vont vers l’avant et qui ne cessent jamais de travailler pour faire toujours mieux. Des hommes qui ne considèrent rien comme acquis.

La relation à soi et aux autres
Les 298 pages du livre nous aident à comprendre pourquoi certains freins sont handicapants et nous invitent à les dépasser, tout du moins à les surmonter. Suivons-nous nos aspirations ou contentons nous de répondre à la norme ? Les pressions de notre environnement ne nous détournent-elles pas de nos envies ? Pouvons-nous nous en affranchir ? Quand un ouvrage m’interpelle, c’est qu’il soulève chez moi bien des questions, et c’est le cas ici. « Qui que nous soyons, avec notre chemin et nos aspirations, notre potentiel et nos handicaps, nous devrions au moins pouvoir nous dire une chose : « J’ai tout fait pour avoir une vie à la fois intéressante et utile. » » J’ai relevé ce passage à la fin du livre. Trop jeune pour pouvoir y répondre, elle me permet de l’appréhender.

« Il n’y a pas de performance et efficacité, de véritable capacité de décision et d’action sans la liberté d’abandonner ses convictions, de raisonner en dehors de tout ce que nous avons appris, de tout ce qui nous a conditionné à être ce que nous sommes. »

Se servir des expériences de chacun pour avancer
Si le médecin psychiatre est resté prudent vis-à-vis des attitudes à suivre et de ses visions subjectives, ses propos me parlent. Je réalise à travers ses expériences que j’ai déjà conscience de la plupart de ses témoignages.  J’ai par exemple pensé à la citation de Françoise Sagan, « quand on est mal parti, il faut essayer de continuer », lorsque j’ai lu ce passage sur les échecs : « un échec n’est un échec qu’à partir du moment ou l’on abandonne. Si l’on continu d’essayer, cela s’appelle une expérience, une preuve de persévérance, une étape pour atteindre le succès ». D’un caractère assez tenace, je ne peux qu’être en accord avec cet état d’esprit.

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L’ouverture comme tremplin
A plusieurs reprises, Bertrand Piccard met en avant tout le bénéfice qu’apporte le détachement et l’émancipation des jugements de notre entourage.  Avec cela, il pointe également le doigt sur toutes ces certitudes qui nous entourent. Il rejoint ma pensé lorsqu’il évoque la liberté ainsi : « la liberté, la vraie, ne consiste pas à pouvoir tout faire, mais à pouvoir tout penser. A penser dans toutes les directions et à tous les niveaux à la fois, sans restriction. »

– Si tu cherches la vérité, tu dois posséder une qualité plus essentielle que toutes les autres.
– Je sais. Une irrésistible passion pour la vérité.
– Non. La volonté d’admettre en tout temps que tu as peut-être tort.
Anthony de Mello, philosophe 

Hérétique : revendiquer le droit de choisir
De cette liberté évoquée par l’auteur découle la facilité à prendre en main son destin avec plus de conscience. L’éducation joue un rôle très important et à tout point de vue. Je suis entièrement d’accord avec le médecin psychiatre qui évoque le fait que notre éducation nous contraint à apprendre « quoi penser » plutôt que « comment penser ». Ayant eu des difficultés scolaire, ayant surtout eu des difficultés avec un système qui ne s’adapte pas aux élèves plus lents, mais pas moins intelligents, j’ai souffert du manque de concret dans mes apprentissages. En revanche, ma curiosité et mon sens critique m’aident à dépasser ces difficultés. « Les dogmes éducatifs, moraux et autres sont des boulets à traîner, des handicaps émotionnels pour la vie entière ». Vous comprendrez à présent pourquoi ces maux font écho aux miens.

« Il ne faut rien garder par habitude ou par automatisme, il ne faut rien conserver sans avoir au préalable envisagé de nous en débarrasser. »

La théorie et l’expérience
J’ai beaucoup appris en lisant la partie sur l’hypnose et la dissociation de soi, la notion de synchronicité, aussi appelée « coïncidence signifiante », la « métacommunication », la culture des différences,..etc. De nombreux passages du livre m’ont fait lever la tête et m’ont laissés songeuse. Je vais ici vous en présenter quelques-uns et finir en vous conseillant vivement cette lecture.

« Quelqu’un ne peut-être pleinement moral que s’il a eu l’occasion d’être immoral et qu’il a choisi sa voie. Tout le reste n’est que théorie bien pensant et bien intentionnée mais découplée de la réalité de la vie. »

« Il faut envisager de penser l’inverse de ce que l’on a appris à penser et à faire. »

« Les désaccords peuvent faire peur alors que les similitudes rassurent. »

« Il y a autant de réalités différentes que d’individus. »

« On communique véritablement quand on partage des expériences personnelles, pas quand on transmet des informations. »

« Tout ce que nous développons comme bonheur personne, familial, matériel, dépend de l’extérieur et sera tributaire des vents de la vie. Ils apparaîtront et disparaîtront au grès des rafales. Il n’y a que les qualités intérieurs de conscience, de bonté et de sagesse qui peuvent devenir permanentes et indépendantes des circonstances. Tout le reste peut nous être enlevé à n’importe quel moment. »

 

 

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