Rêver pour l’hivers

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras: « Cherche! » en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup…

Arthur Rimbaud

L’avis d’Elsa

Pourquoi ce titre? Et bien parce-que je viens de lire un article sur le site de Radio Prun’ où une femme retranscrit très bien les émotions éveillées par le film « La vie d’Adèle ».

« Adèle grandit, mûrit, vieillit sous nos yeux ébahis, Adèle s’épanouit, s’émancipe, se construit, survit à une passion, de celles qui vous marquent au fer rouge, de celles qui vous façonnent, qui vous assomment, qui vous bastonnent le cœur et le corps, qui vous laissent sur le bord de la route avec des bleus à l’âme, mais après tout, comme le souligne la bande-dessinée dont est inspiré le film : le bleu est une couleur chaude »

« De la peau de l’autre comme exutoire exalté, comme échappatoire incontrôlée, comme apprentissage intellectuel, aussi »

« Le cinéma réussit à prendre le dessus, arguant insolemment, revendiquant à juste titre que la fiction est ce qu’elle est, indépendante et salvatrice, dominatrice dans sa liberté d’expression, face à l’inconsistance de la polémique des Hommes. »

Cet article est celui de la journaliste Elsa Gambin.

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La vie d’Adèle, film de Abdellatif Kechiche, grand succès en cette fin d’année 2013. J’y suis allée par curiosité et sans enthousiasme particulier. J’ai beaucoup aimé. Les scènes du quotidien, celles des interrogations, de la séduction, du plaisir, de la souffrance. Celles du retour à une vie plus…normale. Ce qui m’a touché est le désarroi amoureux de la jeune femme. Poitrine serrée, mal être qui vous prend dans tout le corps, oppression et impression que tout est à reconstruire. C’est aussi la liberté, les premiers essais, les premiers échecs. Les désirs maladroits et incontrôlables. Cette histoire ne parle pas seulement de l’ homosexualité, mais de toutes les formes d’ amour. Le réalisateur nous montre à quel point nous pouvons nous sentir rien lorsque la personne aimée nous renvoie du désamour et de l’indifférence. Outre cette relation entre les deux jeunes femmes, l’aspect social est traité. Ses incidences et son importance mettent une fois de plus en exergue les altérités de l’autre. Leurs différences ont eu raison de leurs ambitions. Là où Adèle se contente d’une vie simple, sa compagne voit grand et ne comprend pas, ne comprend plus, ses aspirations…

…Parce qu’il y aura toujours des musiques, des livres, des films et différents scénarios pour interroger ce qui nous comble au plus profond comme ce qui peut nous affaiblir : l’amour.

 

Défi l’Express

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Les Défis rendent la vie intéressante et les surmonter lui donne un sens. Avec une équipe de mon école je me suis lancée dans une belle aventure journalistique cette année. Nous allons travailler pour le prestigieux magazine l’Express et réaliser un supplément centré sur la ville de Nantes en mars prochain. D’ici cette date, nous avons un site web à nourrir régulièrement avec des événements de la ville.  J’ai eu la chance de participer au défi de l’an dernier. Cette année, au rôle de rédactrice s’est aussi ajouté celui de coordinatrice.

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La semaine dernière nous sommes allés à Paris pour une formation et rencontrer l’homme à l’écharpe rouge. Ce fût une belle journée. Je suis heureuse d’être avec des personnes que je découvre de jours en jours. Elles sont toutes différentes, c’est ce qui fait la beauté de ce Défi. Travailler dans une équipe est toujours source d’angoisses, surtout en tant que coordinateur. Mais le fait d’être entourée de personnes motivées est entraînant.  C’est LE projet de l’année. Je veux m’y investir le plus possible. Ne pas décevoir mon équipe et être fière du supplément que nous sortirons.

 « La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter »

Cette citation de mère Teresa est parlante.  Un défi c’est de l’adrénaline, penser aux concurrents et vouloir faire le mieux possible. Apprendre auprès de son équipe. Se former à une expérience enrichissante et satisfaire journalistes et coordinateurs de l’Express. Je redonnerai régulièrement des nouvelles de notre travail, en attendant je vous invite à consulter notre page Facebook et notre Twitter.

Je vous laisse sur une photo d’une partie du groupe cette après-midi. Nous étions en pause café en attendant de nous faire tirer le portrait.

1404736_10202222308267133_264037330_oDe gauche à droite: Audrey ENET, Alice GOUBIN, Simon SALLANDRE, Sophie CHATEL, Maire-Cécile DELAHAIS/Crédit photo: Pauline DESPRES

Demain, dès l’aube

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor HUGO

Je reprends doucement le contact avec ce poème, qui est dans la liste de mes préférés. Les derniers mois sont passés à toute vitesse.

Aujourd’hui j’ai 24 ans. Quand je me retourne je pense à mes 17 ans, ce devait être une belle année. Pourtant, je me sens mûre et les prochaines années ne peuvent être que meilleures comparées à celles de mon adolescence. Hier, j’ai passé une belle soirée entre amis et ce soir je suis installée à l’endroit que je préfère: mon bureau. Cette année je participe au Défi L’Express des grandes écoles. Un Défi journalistique très formateur. J’ai envie de m’y investir le plus possible, ainsi que les cours et la radio. Mais ce concours reste ma priorité.

Je suis de plus en plus épanouie dans un environnement de travail. Gérer le temps, jongler entre les projets et les gens à rencontrer, chercher un stage et un Master 2. Pour le moment tout se passe bien, mais ça fait peu de temps que je suis dans ce rythme. Je vais m’astreindre à une discipline plus rigoureuse avec ce blog. D’autant plus que j’aime vraiment écrire et faire partager mes découvertes. Je ne prends tout simplement pas assez le temps de le faire.

Alors à très vite

Ambroise TEZENAS

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Ambroise TEZENAS, une belle découverte cette année.

C’est à Paris que ce photographe voit le jour en 1972. Il est diplômé de l’école d’Arts Appliqués de Vevey,  en Suisse. C’est régulièrement qu’il collabore avec la presse française et internationale (comme le New-York Times Magazine). En 2004, il co-fonde l’association de photographes indépendants Think Pictures et en 2006 son livre «Pékin, théatre du peuple », reçoit le Leica European Publishers Award Photography, pour le prix du meilleur livre de photographie, décerné par sept éditeurs européens de photographie.

Outres les études et les diverses récompenses, une chose fait la différence : le goût de la place. Le perfectionnisme. Je vous laisse son site internet, il est très complet. J’aime tout de ses photos. Celle du haut me fait penser à Patrick TOURNEBOEUF, autre très bon photographe.

J’aimerais prendre quelques minutes pour écrire mais mon temps est très compté ces dernières semaines. Stage qui se termine, expédition à Paris pour le Salon Art Paris Art Fair, rentrée qui approche, nouvelle arrivée au sein d’une matinale à la radio et autres petits travaux de rédactions pour une start-up que je présenterai prochainement. En ce moment, je suis partagée entre la hâte de reprendre les cours avec un semestre 2 qui s’annonce très intéressant et un pincement de quitter mon stage et cette somptueuse galerie. Comme dans tout parcours ce fût un passage et il y en aura d’autres mais ne pas prendre racine c’est un peu parfois difficile, frustrant. Cette expérience m’a fait rendre compte de beaucoup de choses, des axes de compétences que je dois travailler.

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Nucléaire, énergie de l’avenir qui appartient au passé

Cette semaine j’ai regardé « Le monde d’après » sur France 5. Le sujet du débat se prête bien au nom de l’émission, puisqu’il s’agit du nucléaire.

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Pour cet entretien d’envergure, Franz-Olivier GIESBERT est entouré de nombreux invités : Colette LEWINER (directrice énergie/CAPEGMINI), Corinne LEPAGE (ancien ministre de l’environnement), Philippe CHALMIN (économiste, Université Paris/Dauphine), Denis BAUPIN (député Europe Ecologie Les Verts), Julia CAGÉ (économiste), Jean-Marie BOURDAIRE (ingénieur et économiste), Fabrice D’ALMEIDA (historien).

Le ligne directrice de l’émission porte sur une question ambitieuse et peut-être utopiste: Peut-on se passer du nucléaire? Plusieurs thématiques sont alors traitées lors de ces échanges: Démantèlement des centrales nucléaires, gaz de schiste, pétrole, diesel et réseaux locaux.

Le cas Fukushima

En début d’émission Anne-Laure BARRAL (journaliste chez France Info) est là pour faire un point sur le cas Fukushima. Depuis l’accident, les rejets du nucléaire n’ont pas cessé. Des études épidémiologiques sont toujours en cours car certains cas de cancers, autre maladies et malformations, ont été avérés. Paradoxalement, j’apprends que le Japon ne renonce pas au nucléaire. En 1 an, 50 réacteurs avaient pourtant arrêté de fonctionner, mais la balance commerciale du pays étant déficitaire (suite aux exportations), le pays décide de faire volte-face.

Que représente l’énergie nucléaire en France?

La consommation du nucléaire sur le sol français représente un chiffre de 77,7%. Soit 19 centrales et 58 réacteurs. Deux alternatives peuvent être envisagées: les énergies fossiles, qui sont non-renouvelables et en quantités limitées (gaz, pétrole, charbon), et les énergies propres (parc éolien, solaire, biomasse). Pour Colette LEWINER, directrice énergie/CAPEGMINI, la solution réside dans le mixte énergétique et électrique afin d’optimiser les coûts. Constat flagrant : 8 millions de Français sont aujourd’hui en pénurie énergétique. Un parallèle avec l’Allemagne va être fait: nous consommons environ 35% de chauffage électrique en plus que notre voisin et nous sommes équipés de la même manière. La politique va donc être remise en cause.

« Nous nous retrouvons face à une éducation de mensonges« , Corinne LEPAGE

Quelques chiffres

Le prix du gaz a doublé depuis les années 2000, le pétrole a triplé entre 1983 et aujourd’hui et le prix de l’électricité ne cesse d’augmenter depuis 2008. Ces dernières semaines plusieurs médias annoncent qu’une hausse de 30% est à prévoir d’ici 2017. Nos factures vont même doubler d’ici 2050!

La charge des centrales nucléaire représente depuis 1945 170 milliards d’euros. Jusqu’à 2025, les coûts de maintenance sont estimés à 3,7 milliards. 79,4 milliards serait le prix d’un démantèlement. Au total, ce sera 300 milliard d’euros sur 80 ans, soit 4 milliards par an d’investissement pour le nucléaire. En revanche, bonne nouvelle, tout cela nous a fait gagner quelques milliards sur l’industrie pétrolière.

Il faut également prendre conscience qu’un accident dit « normal » comme Fukushima nous coûterait 117 milliards d’euros, et si celui-ci est grave : 421. Il est estimé à un accident tous les 22 ans, sachant que la France contient 15% du parc des centrales au monde, cela nous laisse imaginer les dégâts.

Philippe CHAMIN, économiste et spécialiste du marché des matières premières, rappelle que le risque 0 n’existe pas, et qu’il faut être réaliste. Pour ce spécialiste, les trois « petits » accidents du nucléaire ( rappel: Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986, Fukushima en 2011) ne doivent pas être pris en exemple pour noircir le tableau du nucléaire (qui pour lui est une énergie propre). Les assurances sont donc remises sur la table, avec une supposition d’être inscrites dans l’assurance civile. L’Institut de Recherche et Sûreté du Nucléaire se pose sérieusement la question.

Jean-Marie BOURDAIRE tente également d’adoucir le débat en rappelant que Fukushima fut laissé entre les mains d’un savant fou et que beaucoup d’erreurs ont été commises pour cette centrale.

Un peu d’histoire

Un reportage expose les étapes d’un démantèlement. La durée de vie d’une centrale est d’une quarantaine d’années et le nucléaire est le fer de lance de notre économie. En temps de guerre celui qui dispose de la bombe nucléaire est en position de pouvoir. Pour asseoir sa puissance la France en a donc fait l’acquisition.  C’est au bord de la Loire que la première centrale voit le jour. Depuis, les besoins en énergie doublent tous les 10 ans.

Certains pays pensent aujourd’hui quitter le nucléaire : le Japon (30 ans), et l’Allemagne (10 ans). Pour la France, l’arrêt de la plus vieille centrale est annoncée pour 2016.

Les énergies renouvelables

Ce modèle là est fait pour durer. Il faut l’étudier, le comprendre et le cultiver. Le développement durable, c’est par exemple 380 milles emplois en Allemagne (le système Allemand sera souvent comparé). Beaucoup de technologies sont pensées, comme les smart Grid. Gérer les réseaux électriques et les optimiser pour diminuer l’hégémonie du nucléaire.

Telle est la mission de ce nouveau système. Il s’agirait de faire fusionner les énergies internet et les énergies renouvelables. Un réseau intelligent, à l’aide de l’outil informatique, servira à produite et à réinjecter sur un réseau local l’énergie produite et non consommée de chacun. Interconnecter les maisons entre elles serait l’idée. Philippe CHALMIN, toujours avec véhémence, intervient: « on se croirait au coeur d’un village gaulois ». C’est alors que vient une citation pour appuyer son propos:

« Il ne faut pas regarder demain avec les yeux d’aujourd’hui » Paul ELUARD

D’après lui, on ne peut pas prévoir l’avenir en se basant sur nos technologies actuelles. Julia CAGÉ, économiste qui est pour l’innovation et la désindustrialisation, contre ce dernier : « Ce modèle gaulois a fait faire 10% d’économie d’énergie aux Etats-Unis soit 80 milliards de dollars par an ».

Vers où allons-nous?

Comme beaucoup de débats, pléthore d’interrogations, remises en questions, inquiétudes, discours noirs et prédictions. Les deux camps se sont mis d’accord sur une chose : mutualiser les énergies.

Une centrale nucléaire représente 5000 éoliennes en énergie. Cela représente également 3000 kilomètres carré de panneaux photovoltaïque…Il est donc impossible de vivre uniquement, pour le moment, avec le renouvelable. De plus, depuis quelques années il est constaté une baisse des ventes pour les panneaux solaires, ce qui révèle la méfiance des français envers une éthique qui se transforme-parfois-en business.

« Changer nos habitudes et nos modes de vie est impératif. Jouer sur la peur n’est pas non plus la bonne solution : il faut agir maintenant. Nous pouvons donc doucement allers vers un mixte. »

L’émission

Amory LOVINS, auteur du titre de cet article, a-t-il raison lorsqu’il dit « Le nucléaire est une énergie de l’avenir qui appartient au passé »? L’avenir seul le dira. Je vous invite à regarder cette émission enrichissante via ce lien : Le monde d’après.

 

Stephane HESSEL

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«  Je n’imagine pas Stephane HESSEL partir, il me semble intemporel » . Voila ce que j’ai dit à un ami, il y a quelques semaines. Nous sommes impuissants face à la force du temps, c’est un homme âgé avec un passé passionnant qui s’est éteint dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 février 2013. Stephane HESSEL est un ancien résistant, prisonnier, diplomate, grand-officier à la légion d’honneur de 2006, combattant infatigable des droits de l’homme, écrivain. En 1948 il participe à la rédaction de la Déclaration Universelle des droits de l’homme.

Il a lutté les dernières années de sa vie pour résister à ce que nous impose la société et nous amene à prendre nos responsabilités, à respecter les programmes instaurés en 1944. Il a également pris position pour le conflit Israélo-Palestinien et les sans-papiers. Ce débatteur s’est considérablement fait connaitre depuis la sortie de « INDIGNEZ VOUS », en 2010. Je vous invite à regarder cette page, et à entendre Stephane HESSEL. Cette page également.

« Créer, c’est résister.
   Résister, c’est créer. »

Dans ce petit manuel je m’étais éprise pour les mots de cet homme, je l’admire. Je n’ai pas de figure emblématique, des références tout au plus, mais s’il y a bien une personne que je considère énormément, c’est lui. Je lisais ses livres, suivais son actualité. Je me connecte ce matin et lis l’annonce. Triste, muette.

Mais Stephane HESSEL a vécu, et à voir tout ce qu’il a fait, on croirait qu’il a traversé deux siècles. Je suis heureuse d’avoir pu l’entendre lors de conférences l’an passé, dans le cadre d’un forum libération. J’en ai parlé dans mon article précédent :  le pouvoir des médias. Il s’intéressait beaucoup à ces sujets. Il était venu avec Edgar MORIN, homme que j’estime également. Une fois de plus, j’avais le sourire aux lèvres à le voir s’exprimer avec énergie. Souriant, aventureux, optimiste, entreprenant et prenant à partie des jeunes de 20 ans désarmés et pessimistes. Mes yeux pétillent face à son humour, son goût pour la poésie, son air complice et malin lorsqu’il répond avec subtilité aux problèmes de notre conjoncture. Ce jour là il lève le poing et insiste sur le fait que l’avenir sourit à celui qui prend les choses en main. 

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En parlant de main j’ai pu serrer la sienne, avoir ma petite dédicace (J’ai enfin compris ce jour le bienfait d’une dédicace, que je n’avais jamais considéré jusqu’à ce moment), et prendre mes photos. Si je l’aime autant, c’est parce-que je m’émerveille de tout, mais je m’en indigne aussi. Trop de gens me disent de me taire  : « Parce-que ça ne se fait pas », « parce-qu’il faut donner une bonne image de soi ». Alors souvent je me résigne. La découverte de ce qu’il prône m’a rassurée. Oui il est normal de s’indigner, même dans notre société. Alors demi-tour, je ne vais pas changer. Ce diplomate a aussi décelé le plus grand mal de l’homme, qui provoque et provoquera toujours des guerres à petites et grandes échelles: la jalousie. Mais Stephane HESSEL croit en l’homme, et il s’est battu jusqu’au bout pour ses idées.

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« Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux. »

Une pièce qui décape

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Samedi 23 février, je suis allée à une pièce de théâtre, OXYDANT, au TNT de Nantes. LAST LUNCH, jeune compagnie nantaise en partenariat avec YAPLUKA, jeune compagnie belgo-suisse, présente une troupe de 4 jeunes : Vanessa BONNET, Marwane EL BOUBSI, Pierre-André GILARD et Melhinda HEEGER.   

« Vivre dans ce système qui ne nous ressemble pas et dans lequel subir et faiblir semble être la norme.

Du fond de leur canapé, quatre jeunes résignés regardent la télévision. Ils attendent le Hit Machine. Pendant ce temps, défilent devant eux des flash-infos du JT. Au fil des reportages, ils incarneront tour à tour les victimes et les commentateurs de ces drames qui gangrènent quotidiennement nos consciences. Quand le règne de la terreur alimente la neurasthénie ambiante, l’info continue d’oxyder nos cerveaux! Quand l’Empire Occident règne en tyran; nos armes de résistance sont révolte et théâtre…« 

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La pièce érige le portrait du monde médiatique. Parler pour ne rien dire et vendre du non-évènement sont les sujets mis en lumière lors de cette soirée. Dénonciations des manipulations de la publicité, des faits-divers et mises en garde perpétuelles. Le spectacle nous expose un Occident oxydé. Pour exemple, le principe de précaution de 2005 est caricaturé avec subtilité et c’est vraiment très drôle. Notre liberté est interpellée, ainsi que le pouvoir des médias que nous commençons à remettre en question depuis quelques années (cela me rappelle un forum libération l’an passé sur « le pouvoir des médias », à Rennes).

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Sommes nous informés ou désinformés?

Chaque thématique est très bien traitée. Ils sont drôles et vifs,  non sans une certaine caricature moraliste, afin de mettre le plus en relief possible les dérives du système télévisuel. J’ai beaucoup ri lors de la séquence d’une mère terrorisée qui tue sa fille (référence aux faits divers), au présentateur insistant sur le fait que SA chaîne présente POUR LA PREMIÈRE FOIS un reportage EXCLUSIF. Un débat entre un rappeur, un Anonymous et un essayiste qui dérape, des jeunes qui reprennent en coeur les paroles de publicités… Tout est bien joué, on s’amuse, et un espace en avant scène est là pour partager. Partager? Un aparté où les comédiens,  tour à tour, viennent nous prendre à partie et nous questionne « Que ferions nous le soir sans Télévision? (et sans écran)…nous parlerions » .Voila un exemple de ce qui se passait dans ce halo de lumière.

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Avec rire et clairvoyance, ils dépeignent le monde d’aujourd’hui, en nous invitant à réfléchir sur certains effets résultant d’une invasion passive. J’ai passé un excellent moment, accompagnée de deux bonnes amies et d’un bon restaurant, quoi de mieux?

Jusqu’au 2 mars 2013, le spectacle « Oxydant » est au TNT de Nantes les jeudis, vendredis et samedis à 19 h (14€/9€ tarif réduit)

Franz-Olivier GIESBERT interroge les philosophes

Cette semaine sur France 5: Jusqu’où l’homme peut-il jouer à l’apprenti sorcier?

Les grandes questions

C’est entouré d’invités tel Edgar MORIN, Cynthia FLEURY, Bernard DEBRE, Sylviane AGACINSKI ou encore Marie-Hélène BOURCIER que Franz-Olivier GIESBERT a choisi d’échanger pour aborder des thématiques scientifiques, biologiques et économiques, autour de la technique et du progrès.

L’humanisme

L’humanisme dans sa dualité, dans sa fragilité. Edgar Morin le dit, nous sommes partagés entre notre fragilité, et la force que nous avons de nous auto-gérer et ainsi modeler le monde. Pour le philosophe, la course que nous menons actuellement a pour seule arrivée le stress et toutes les conséquences qui en résultent. Le discours n’est pas ici moraliste, juste réaliste. Edgar Morin s’étonne fortement du peu de prise de conscience des hommes, face à cette arrivée. Mais la société d’hédonisme ne pousse certes pas à la révolte.

La nature

Le rêve Marxien est mis en relief: Conquérir la nature. Mais le paradoxe est notre propre esclavagisme face à cette conquête. Cette nature se soulèvera contre nous si nous n’utilisons pas notre intelligence pour vivre autrement. L’enjeu est donc d’introduire l’écologie dans la politique. Edgar Morin nous ramène au mystère de cette nature, qui contrairement à nous, est pleinement indépendante.

« La vérité de demain se nourrit de l’erreur d’hier » Antoine de Saint Exupéry

La technique=le progrès?

La question est oui. Une fois de plus : trop vite, trop loin, avec trop peu de recul. Cynthia Fleury a évoqué que nous avons conscience de la finitude, et que nous la sublimons. La question est : « la technique représente t-elle le déni de la mortalité ou de la finitude? » .

L’homme a peur de sa mort, et ne pense pas à la mort de son environnement. D’ailleurs, il y a un certain nombrilisme ici. L’homme veut vivre plus longtemps, en meilleure santé et plus beau. Il va chez les médecins et achète des produits en pharmacie. Et ce même homme va dans le même temps polluer, consommer des produits néfastes pour la biosphère, et consentir à laisser des magasins allumés toute la nuit, en vue d’un quelconque profit marketing.

Une note positive est lancée dans ce débat sur la médecine et l’environnement : « je suis persuadé que l’intelligence collective est prometteuse« , Cynthia FLEURY. Le progrès représente un autre songe de l’homme, une quête, mais est-il source de menace? « Notre système d’éducation sépare les problèmes et nous empêche de prendre ensemble la complexité du réel » Edgar Morin. Mais Comment généraliser les prises de consciences?

« Exiger l’immortalité de l’individu, c’est vouloir perpétuer une erreur à l’infini » CHOPENHAUER

Le sexe

Marie-Hélène BOURSIER est présente pour mettre en avant le mouvement Queer. Les questions sociologiques actuelles sont donc discutées, comme le mariage pour tous, mais outre le mariage au sens strict, la possibilité de jouer avec les cellules de l’homme pour une égalité complète de l’homme et de la femme, en vue de rapprocher les genres. La médecine doit être mesurée. Des questions d’éthique sont posées, sommes nous conscients des conséquences de nos actions? Le principe de précaution de 2005 reste aussi discutable. Le but étant de combattre, endiguer et éradiquer les risques, quitte à ne rien faire ( cela me rappelle une pièce de théâtre hier soir, dont j’écrirai un article bientôt).

« Le plus grand risque de l’humanité, c’est de ne pas en prendre »

Voici quelques bribes de cette émission qui est diffusée en replay. Je terminerai sur cette citation :

« Le monde a commencé

sans l’homme

Et il s’achèvera sans lui« 

Claude LEVI-STRAUSS