Arrêt du coeur

Les images, les photographies, les couleurs, le noir et blanc, les citations, les sourires, le temps.

Certains de mes amis m’ont dit que un blog sans âme ne sert à rien. Que les espaces purement journalistiques et informationnels abondent sur le net, et qu’il faut savoir se dévoiler. On m’a donc suggéré de mettre un peu de moi. La première chose à laquelle j’ai pensé est ma passion, mon passe temps, mon addiction :  les images. Je suis une boulimique d’images. J’aime me coucher le soir en ayant découvert un photographe ou tout autre artiste. Avec mon stage au sein d’une galerie d’art je suis gâtée. Outre les livres ou les galeries il y a internet. Internet c’est de la pure magie. Vous êtes là, assis, et le monde s’offre à vous. Encore aujourd’hui je trouve ça extraordinaire. Le soir, lorsque je regarde un film sur mon smartphone, je pense la même chose. Ce qui me rassure c’est que je suis encore comme un enfant qui ouvre un cadeau: « wow c’est incroyable ». Je le pense constamment, et j’espère le penser encore longtemps. Une fois de plus, je pérore (ce mot s’emploie t’-il pour l’écrit?) mais nous sommes dans un beau monde. Et oui, j’ose l’écrire.

Cette photo est de Lucas Kozmus. Moi qui ne cesse de bouger et faire 10 choses à la fois elle m’a donné envie de ne rien dire, de ne rien faire, ne pas bouger, juste regarder. C’est un classique le coucher de soleil, mais celui-ci est assez parlant. Je vous laisse sur une citation concernant la photographie, que j’aime beaucoup, et représente bien mon affection pour elle

« Une photographie, c’est un arrêt du coeur d’une fraction de seconde. » Pierre Movila

Lucas Kozmus

André Breton

Ces derniers jours je ne prends pas le temps de poster des articles. Avant de le faire, une citation tirée de Une histoire d’eau, de André Breton. Une douce découverte qui me plonge un peu dans mon univers.

« Aujourd’hui encore je n’attends rien que de ma seule disponibilité, que de cette soif d’errer à la rencontre de tout, dont je m’assure qu’elle me maintient en communication mystérieuse avec les autres êtres disponibles, comme si nous étions appelés à nous réunir soudain. J’aimerais que ma vie ne laissât après elle d’autre murmure que celui d’une chanson de guetteur, d’une chanson pour tromper l’attente. Indépendamment de ce qui arrive, n’arrive pas, c’est l’attente qui est magnifique. »

Quelques nouvelles :

Je suis allée à une conférence complexe sur le sujet de la prostitution lundi soir. Complexe car le débat est de s’interroger sur une légalisation d’une prostitution voulue, et même revendiquée. Il y avait un reportage de Jean-Michel Carré et par la suite Guillaume Durand, philosophe dont j’ai parlé plus bas, s’est exprimé. Il l’a très bien fait puisqu’est resté neutre et intelligible (c’est important de le préciser car avec les philosophes ce n’est pas forcément évident, bien que compréhensible). J’avais déjà vue le même genre de reportage, avec les mêmes personnes qui témoignaient (donc probablement le même réalisateur).

Une hypocrisie est mise en lumière. Ce qui est le plus « drôle », c’est qu’une prostitué a le droit de payer des impôts, mais n’a aucun droit. Vraiment, l’état fait fort. Lorsque l’on regarde ce que d’autres pays font pour encadrer la prostitution, on s’interroge fortement sur le système français. Le marché de la sexualité représente beaucoup d’argent, de réseaux, et de détresses. Il n’est donc pas anodin de prendre le temps d’en parler. Ce pour quoi j’y reviendrai dans quelques jours.

Ce matin j’ai enfin pris le temps d’écrire un article sur l’association « Artaban »,  à Nantes. Cette association culturelle fait découvrir des lieux insolites, organise des conférences, cours d’histoire de l’art et du patrimoine pour tous ( je posterai mon article pour le blog l’Express). Je commence aussi à faire quelques petits travaux pour une jeune strat-up. J’avais envie cette année de participer au lancement d’une jeune entreprise, car comme en amour, les débuts sont toujours les meilleurs moments. Je m’épanouie de plus en plus à mon stage. Bientôt départ pour Paris pour une foire d’art contemporain d’une importante notoriété : Art PAris Art Fair. Je vais en prendre plein les yeux, et espère que ça se passera bien (moi et mes appréhensions!). Je découvre encore et toujours des artistes, des photos, des sculptures, et j’en passe. Je m’y sens bien dans cette jolie galerie, avec son beau parquet de versailles et ses belles moulures. J’aime dire que la première oeuvre d’art de celle-ci est son écrin.

I have to go.

Le corps au cœur des rencontres de Sophie

Du 15 au 17 Février prochain le lieu unique et le Katorza accueillent « les rencontres de Sophie » : conférences philosophiques organisées par l’Association Philosophia.

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Un sujet musclé est abordé : le corps.Il est aujourd’hui prégnant car exposé et manipulé, mal traité où hyper-sculpté.

Dans une société où nous cherchons un juste milieu entre s’épanouir spirituellement et entretenir notre aspect physique, une question pertinente sera posée : « l’obsédante mise en scène des corps relève -t elle d’une entreprise d’émancipation ou bien d’aliénation »?

Pour en savoir plus, je suis allée à la rencontre de Guillaume DURAND, président de l’Association Philosophia. Ce trentenaire est docteur en philosophie à l’université de NANTES-IUFM, des Pays de la Loire. Il a publié récemment : « puis-je lancer un nain qui le veut bien ? » (M-editer, 2011), et encore « quelle éthique de l’éducation ? »,en Avril 2012. Guillaume DURAND travaille également  au sein du comité d’éthique du CHU de NANTES.

Les rencontres de Sophie ont 10 ans. Cet évènement philosophique permet de créer du lien entre les universités et les chercheurs, entre les intellectuels et le grand public. Les gens se rencontrent autour de thématiques afin d’ouvrir le débat. Philosophia œuvre également pour d’autres actions, comme celles d’aller vers les prisonniers incarcérés. Les sujets universitaires explorés concernent le terrain médical et éducatif. Comme nous le dit Guillaume DURAND « Cela permet de recueillir des paroles que l’on n’entend pas. »

« S’interroger et s’ouvrir à la société permet de rendre audibles et visibles des questions qui ne sont pas posées par les grands médias. »

Le café, avec ou sans philo ?

Le cinéma du KATORZA s’est associé à ces rencontres et organise le Lundi 18 février, à 20H15, un ciné-philo qui aborde «  les travailleuses du sexe ». Une expression améliorée pour re-penser la prostitution, mais pas n’importe laquelle : celle souhaitée. Cela nous interpelle sur les rapports hommes/femmes, les rapports au corps, mais également sur les réponses à donner aux personnes qui revendiquent une activité qui peut s’apparenter à une prestation de service comme une autre. Avec son éthique et ses limites.

Un film sera projeté puis une réflexion critique et philosophique débutera autour de la « prostitution choisie ». Guillaume DURAND s’intéresse au sujet du consentement. Cette analyse entre donc dans son champ de recherche. Dans nos échanges, beaucoup de questions sont posées : « que montre notre société laïque et pluraliste ? »,  « Au nom de quoi la société prohibe-t-elle une certaine forme de sexualité consentie mais interdite ? » Et bien d’autres. Le but, lors de cette soirée, ne sera pas d’y répondre, mais de réfléchir  sur un sujet sensible. Cette rencontre va concerner  une minorité de personnes mais dans une démocratie la parole leur est donnée.

Le public nantais

Chaque année c’est une moyenne de 4000 à 5000 curieux qui se pressent d’assister à ces rencontres. Ce public est très hétérogène et cela permet de nourrir  les échanges. Les thèmes sont toujours variés et déclinés afin de toucher chacun.

L’association Citoyens-Chercheurs est très importante pour les instigateurs du projet. Le souci du corps, de l’identité sexuelle,  du rapport à l’âme (le corps est- il le «tombeau» de Platon ou le «temple de l’esprit» de Saint PAUL ?), l’atelier philo avec les enfants, le sport, les perspectives du transhumanisme (insérer des éléments extérieur comme des prothèses mammaires), le corps politique, les différentes images qui lui sont associées…la matière ne sera pas en manque lors de ce long week-end.

Pour les curieux, Sophie vient de Sophia qui désigne la sagesse. Et au cours de  ces journées qui «se veulent réfléchissantes et non militantes» (Jacques RICOT, chercheur et trésorier de l’Association Philosophia) les rencontres seront sur le ton du dialogue et de la modération. La conférence inaugurale est celle d’Eric FIAT, «corps et âme», le vendredi 15 février de 14H30 à 15H30.

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Voici l’article que j’ai envoyé au blog de l’Express. Logiquement il se veut plus long, forcément. J’avais comme idée de mettre la version plus détaillée, mais non. Je préfère en rester là, non seulement car je dois apprendre à mettre l’essentiel, mais aussi par manque de temps. J’ai rencontré la même semaine l’association Artaban et j’ai hâte d’en écrire quelques mots. Je ferai également 2/3 articles des rencontres de Sophie après l’évènement, sur mes impressions. Je file me plonger dans le dernier Foenkinos.

Une insoumise au nom de Wadjda

Il y a 15 jours je suis allée à l’avant première d’un film remarquable. Voila quelques mots sur cette soirée. Je préviens, c’est un peu long. Je dois encore travailler mon analyse. Ce soir il est tard, alors je vais le poser ainsi.

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Une Ambitieuse Saoudienne

Dans le cadre du festival Télérama, le cinéma du KATORZA, place Graslin à Nantes, a accueilli pour la deuxième fois le mardi 22 janvier la première femme réalisatrice d’Arabie Saoudite : Haifa Al Mansour. C’est avec des courts-métrages et des documentaires prônant la tolérance, les prohibitions et les pratiques religieuses inflexibles qu’elle s’est fait connaître. Son premier long métrage: Wadjda, est aujourd’hui très bien salué par la critique. Aussi, je vous en parle.

Mon billet en mains

Nombreuses sont les histoires dont l’objet est le rejet d’une religion allant à l’encontre des aspirations de l’homme. Après « Le noir (te) vous va si bien » de Jacques BRAL, il y a quelques semaines, l’éviction du voile et de ses symboles sont de nouveau sur grand écran. Ce soir là, le cinéma fait salle comble. Avant la projection du film et sa présentation par la réalisatrice, je rencontre Marie, retraitée. Elle me parle de la vie des femmes au Liban et en Egypte. La thématique du film est propice à l’échange. Ainsi j’apprends que lorsqu’une liberté est possible au Liban et que « la jeunesse vit comme ici », le sort des femmes se dégrade de plus en plus en Egypte. Nous parlons donc moeurs, voyages, puis silence…le film commence.

Une Virulence attachante

Rencontre avec Wadjda. C’est une petite fille pleine de vie et de caractère que nous découvrons. Converses aux lacets violets, voile tombant, sourire aux lèvres et franchise insolente. Elle nous amuse à négocier avec des hommes, sans aucune peur et avec malice. Symbole phare du film : une bicyclette verte pour parcourir les rues de Riyadh. Une bicyclette pour la liberté, la vitesse et l’exploration.

Les jeunes femmes ne peuvent pratiquer de sport. Aussi, la quête de cette petite fille, tout au long du film, sera d’économiser à tout prix pour acquérir cet objet d’autonomie. Tenace, elle va même participer à un concours coranique pour obtenir la somme nécessaire. Elle va se mettre à étudier des dogmes qu’elle ne connaît pas et psalmodier (réciter des psaumes sans inflexion de voix, sur la même note). Sa franchise au sujet de ce qu’elle fera de sa récompense ira à l’encontre de son projet. Un petit garçon sera son partenaire de jeu, et lorsqu’il lui prêtera son vélo, c’est sans étonnement que la jeune fille refusera les stabilisateurs.

L’histoire de la maman me touchera également. Celle-ci ne peut avoir de fils et se voit répudiée par son mari, qui l’aime, mais qui est pris dans la tourmente des principes de la religion et de ses exigences. Elle ira au delà d’une frustration et d’une souffrance pour affranchir sa petite fille, avec qui elle est très complice.

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Un autre monde

Je ne suis pas sans connaître le sort des femmes dans ces pays. La réalisatrice a dû se cacher dans une camionnette pour tourner bon nombre de scènes, car les rues des hommes et des femmes sont séparées. De surcroît, la culture du cinéma n’est pas de mise puisque aucune salle n’existe. Je découvre de nouvelles coutumes, comme le fait de ne pas toucher le coran lorsqu’une femme a ses règles, de ne pas être à la vue des hommes, de ne pas faire du sport. Le tournage a été une aventure pour Haïfaa Al Mansour et les difficultés se sont vite transformées en challenge excitant et sources d’inspiration.

Si les lois sont toujours drastiques, en 10 ans, le pays a bien progressé en ce qui concerne le droit des femmes. 30 d’entre elles sont représentantes du peuple au parlement, et malgré le conservatisme elles défendent et luttent pour leurs droits. Le voile n’est plus obligatoire intégralement dans tous les lieux (hôpitaux ou encore centres commerciaux) comme c’était le cas il y a encore quelques années.

Around the wolrd

Lors de l’échange avec le public, la question de la distribution fut posée. C’est avec le sourire que la réalisatrice répond : « Around the world« . Le festival de Venise a fait naître le long métrage qui ne cesse d’être présenté et qui a récemment été sélectionné au festival des Trois Continents. L’instigatrice du film nous parle ensuite de son petit village semblable à celui de Riyadh, avec ses onze frères et soeurs. Mais comment étudier le cinéma quand des salles n’existent pas? Et bien pour calmer toute cette petite troupe les parents allument la télévision et achètent des VHS. C’est ainsi que Haïfaa Al Mansour s’est nourrie de films commerciaux, au « Jackie CHan » et « Bruce Lee ». Elle admet que ce n’était pas toujours de son goût, mais ils ont pu la faire voyager et quitter son quotidien, lui donnant de l’élan pour partir étudier le cinéma à Sydney, après avoir étudié la littérature au Caire. Elle nous confie sa chance : avoir pu accéder à l’Education et au Monde.

Les mains s’élèvent

Beaucoup de questions furent posées pour mieux comprendre le tournage et les problèmes qui ont pu être rencontrés. Une coproduction allemande a beaucoup aidé la réalisatrice pour le montage, et surtout un monteur répondant au nom d’Andréa. Le ministère de la culture n’a pas censuré le script et la police des moeurs n’a donc pas eu de droit de regard sur l’enregistrement du film. Devant moi des petits doigts se hissent, puis la voix d’un enfant s’exprime au micro avec cette question : « mais l’école dans le film, c’est une vrai école?« . Haïfaa n’a pas vu ses enfants depuis 10 jours et c’est très émue qu’elle répond que oui, c’est une vraie école pour les petites filles. La plupart des scènes sont d’ailleurs à l’intérieur, pour diminuer la complexité rencontrée à l’extérieur. Outre son parcours scolaire, elle tient à souligner que c’est au cours même du tournage qu’elle a beaucoup appris.

Je souhaite pour ma part connaître ses inspirations: comment s’est-elle inspirée du caractère bien trempé de la petite Wadjda? Elle nous répond que le scénario a changé tout au long du film. Au départ la fille interprétant le personnage principal était passive et pleurait beaucoup. Puis, le choix de l’actrice ayant changé, les idées aussi. La réalisatrice s’est surtout inspirée de sa nièce, qui ressemble à Wadjda, et qui a dû renoncer à ses rêves d’enfant au profit des règles érigées par son père. Haïfaa Al Mansour est une femme sensible, la virulence de son personnage représente peut-être le fantasme et le souhait que cette émancipation, de certaines pratiques religieuses, connaisse une hégémonie plus criante. La passivité est mensongère, elle nous le rappelle, et le message du film est surtout celui de l’espoir et non de la révolte.

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          « Peu importe les révolutions si elles ne sont pas personnelles »

« Moving and have fun with life« . Voir une femme d’une culture peu favorable à l’insoumission met en lumière le fait qu’il n’est pas vain de se battre et de poursuivre des idéaux. La première ségrégation est le voile, et le baisser est un premier pas en avant. « Parce-qu’avec le cinéma, on parle de tout et on arrive à tout« , Jean-Luc GAUDARD, des images permettent la prise de conscience et pourquoi pas un peu de changement dans nos réflexions? Voila l’objectif des réalisateurs comme Haïfaa AL Mansour, qui continue de produire des courts-métrages dans le but de montrer la vie et ses lois. La tolérance est son combat, et avec ce film, je ne peux que l’inviter à poursuivre sa quête, utopiste soit-elle.

Si vous souhaitez découvrir un film ambitieux sous le signe du sourire et du caractère bien trempé d’une Saoudienne de 10 ans : sortie le 6 février 2013.

Les dessous des cartes

Une préface que j’affectionne particulièrement

« …Gâtés que nous fûmes et que nous restons à l’échelle mondiale, nous hésitons à nous adapter au monde tel qu’il bascule, bouge et se réorganise; un monde où la France conserve toute sa place, comme disent les diplomates, encore faut-il qu’elle l’occupe avec tout à la fois plus de confiance et moins d’arogance! Préoccupés par cette crise environnementale d’amplitude planétaire, inquiétés par l’alarmisme de certains journaux dont les manchettes évoquent sans nuance l’existence de « bombes démographiques », de « complots islamistes » et autres « stratégies mondiale de la Chine », nous voici séduits par la peur ou plutôt par ceux qui la vendent. Peur du migrant, des investissements chinois, de l’islam, et pourquoi pas des révolutions démocratiques dans les pays arabes?

Une telle posture n’est pas tenable, du moins moralement. Comment tenir ce type de discours à ceux et celles qui ont aujourdh’ui 20 ans? Quelle vision courte! Quelle fermeture! Et quel manque de confiance dans les enseignants, dans le rôle central des instituteurs. Ainsi serait donc revenu « ce temps du monde fini », qu’annonçait Paul Valéry il y a exactement 100 ans? Je n’y crois pas une seconde : tout est ouvert, tout est devant, tout commence. Nulle façon là de nier la gravité des questions qui se posent à nous, nul déni des rapports de force mondiaux et de leurs impacts destructeurs. Mais chaque génération descendante a la conviction que les temps précédents étaient plus simples, et chaque génération montante croit entrer dans une crise. Raymond Aron ne disait-il pas que la perception de la stabilité est toujours retrospective? Je soustrais donc le mot crise et le remplace par mutations, car il n’est pas question de penser que les générations qui viennent ne vont pas trouver les issues, les inventions et même les valeurs morales qui les accompagneront…. »

Jean-Christophe VICTOR- Le dessous des cartes.

Django unchained

Django-Unchained

Un Dr King Schultz éblouissant, avec un panache et une répartie sans nom. Un Django fidèle et virulent. Un esclave et un chasseur de primes vont se lier d’amitié et faire affaire. Une histoire d’amour se cache derrière un film où l’on passe du rire au dégoût, du Ennio Morricone au Tupac, de lumières vives aux contrastes plus sombre. Le changement d’ambiances est riche et entraînant. Les anachronismes trépidants. 

Outre cette belle découverte, j’ai regardé une émission intéressante avec Laurence Piquet. J’ai appris de Jean-Edouard Calvo et Albert Uderzo, dans le cadre de la 40èmes éditions du festival international de la BD. J’ai donc une envie de me remettre aux petites cases en couleurs!

Un peu de X dans nos vies

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Comme beaucoup, je suis devenue férue des conférences TEDx. Que ce soit en anglais ou français, que les sujets soient des plus techniques aux plus philosophiques. Beaucoup me font du bien, dont celle-ci que je découvre un peu tard. J’ai été très émue de lire David Servan Schreiber, et donc forcément intriguée d’entendre un membre de sa famille.  Cette conférence porte sur les instants de vies, dans notre société hyperactive, que l’on ne prend pas-et plus-le temps d’apprécier.

Cette conférence peut sembler triste, voir légère,  mais il n’en est rien. Comme le dit cette journaliste, la gratitude est un sentiment de reconnaissance que nous éprouvons lorsque nous réalisons la saveur de ce que nous vivons. Une chaleur, une odeur, un sourire, un rire, une main tendue. Et cet état d’esprit est bon pour la santé.

Je vous laisse donc sur cette conférence, que je trouve particulièrement pertinente.

http://www.tedxparis.com/talks/florence-servan-schreiber-le-pouvoir-de-la-gratitude/

 

Go de nuit, et surtout de jour

Mieux vaut tard que jamais. L’adage n’a jamais été aussi parlant : Jusqu’au 13 février prochain, à l’espace cosmopolis de Nantes, une exposition dédiée à la détresse humaine nous est présentée. Tout est née d’un hommage à deux femmes mortes dans de sombres conditions.

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Des déchets, des rues habitées par des ordures, des dédales de pierres et de saletés, des gravats, des décharges et des femmes. Voilà le thème de cette exposition : Les femmes. Mais pas n’importe lesquelles.

De jeunes filles d’ABIDJAN dans des guettos de « fraichenies ». Elles cherchent du confort, le minimum « vital ». Leur choix a été de quitter leur famille et la milice, pour s’asservir à des hommes. Leur mac qu’elles nomment « mari » .

Des visages en gros plan, du noir en couleur. Paréos, piercing, cheveux colorés, tatouages. Elles se lavent en pleine rue, avec de l’eau que nous pouvons imaginer peu portable. Elles se font des masques, fument, se maquillent comme elles peuvent. Je suis marquée par la pauvreté, le paysage meurtri, mais je peux visiter, outre des rues sans vies, une féminité exploitée. Ces femmes me regarde fixement, m’oppresse de leur expression. Cette réalité dérangeante, si loin de moi, me fait face et m’interroge. Tout est une question de regards au sein de cette expostion. Qu’y a-t-il de plus percutant qu’une confrontation? Des yeux fixement plongés dans les nôtres? Entre les photos, des citations et des témoignages, comme celui de Mélissa:

« Tu dégrades, tu deviens vilaine, tu fanes…tu dors comme un crocodile : tu fermes un oeil, tu ouvres l’autre. T’as peur donc t’as pas le temps de te reposer. Ici, on veille beaucoup. Ton corps, même ta personnalité change, tu maigris, tu tombes régulièrement malade. Y’a tout ça dedans. Tu penses trop »

Message saccadé, force de vérité. Ces femmes ne se battent plus mais subissent, et ont pleinement conscience du cauchemar éveillé dans lequel elles vivent. Des textes nous expliquent que les hommes, sous l’effet de drogues douteuses, les battent et s’en amusent. Mais eux-même sont pris dans un monde qu’ils ne contrôlent pas, et utilisent le « sexe faible » .

Pas mal

Cette exposition met en exergue le corps. Les traces de blessures y sont visibles. La féminité n’est pas oubliée mais c’est la dernière chose qui leur reste, elles n’ont plus rien hormis cette enveloppe. Mais celle-ci les esquive. Une fois de plus, une phrase complète mon observation

« Leurs corps leur échappe. Une enveloppe sous profondeur qu’elles couvrent de masques de beauté mais ne soignent pas »

Effectivement, l’instinct de survie les pousse à « s’apprêter » , mais pourquoi, pour qui? La dignité, certainement.

« L’instant jolie de m’intéresse pas »

Eliane de Latour, auteur des photographies, souligne que le beau n’est pas le but de cette exposition, ce sont les faits. Tout à commencé avec une jeune femme qu’elle a pris en photo. Le lendemain, elle lui a ramené des clichés et beaucoup, par la suite, sont venues la voir et lui ont demandé d’être capturées dans son objectif. Puis, la photographe a continué son travail d’investigation et a pris tout simplement la vie en photo, comme à ABIDJAN.

« L’étincelle de la beauté qui me donne envie de prendre une go en photo vient de son audace à vouloir montrer qu’elle est autre. La photo comme une réflexion de l’estime de soi »

Le courage. Voilà ce qui en ressort. Pas de larme, pas de plainte, juste l’adhésion à une vie de misère. Elles se prostituent, vivent dans une litière géante, l’avenir ne leur fait aucune promesse. Mais elles restent femmes et dans ce sens veulent jusqu’au bout nous le montrer.

La citation de Sénèque exprime bien le sentiment de l’exposition : « Tirons notre courage de notre désespoir même »

Le fait que mon papa ait passé quelques années en Afrique, dont en ABIDJAN, explique sans doute mon affinité pour ce sujet.

Défi L’Express

Dans le cadre du « Défi l’Express grandes écoles« , les Master de Sciencescom font appel aux Bachelor pour rédiger des articles au sein d’un blog. Ayant l’envie de m’essayer à l’écriture, et dans ce sens je vous autorise vivement à me faire des remarques, j’ai souhaité participer.

Galerie melanieRio