
Jean Ferrat chante qu’on ne voit pas le temps passer, « faut-il en pleurer, faut-il en rire », chante-t-il de sa voix que j’aime tant. À nous de le dire.
À l’aube de mes 30 ans, il me prend une envie d’écrire quelques mots. Plus le temps passe et plus je m’allège, même si je ne me départie pas d’une grande sensibilité qui s’accompagne d’un caractère bien trempé. Ce n’est pas un âge, 30 ans, pour faire les bilans. En revanche, je peux penser en arrière et réaliser les belles rencontres et les expériences vécues.
Ma première impression est celle de mes nombreux déplacements. Ces quelques mois à Montréal, ces années à Rennes puis à Nantes, avant de passer par l’Inde du sud. Me viennent en tête les visages de gens rencontrés, puis perdus.
Mes plus beaux souvenirs sont en studio radio. J’aimais préparer les émissions et la rigueur que cela nécessitait. J’aimais réfléchir aux sujets à traiter, aux personnes à convaincre de répondre à nos questions. Les invités à mettre à l’aise et les conducteurs à travailler. Mon équipe – « mes gas’ » – à retrouver le soir en semaine dans ce studio qui sentait la sueur des chroniqueurs. C’était riche. Les podcasts d’une de nos émissions sont encore en ligne et j’inscris sous cet article un bouton cliquable où vous pourrez toutes les retrouver.
J’ai aimé mon BTS. Je me souviens avoir été sérieuse et discrète. J’ai pu ensuite m’épanouir à Nantes, où j’ai beaucoup appris sur moi, sur les autres et sur mon métier.
J’ai aussi en tête ces trois premières années d’expérience professionnelle en Normandie. L’investissement et la non-reconnaissance, mais le travail et la fierté de ma mission accomplie avec les moyens donnés. Les belles rencontres, une fois de plus.
J’ai en tête ce drame du 16 juin 2018. La douleur sans nom qui s’en est suivie.
J’ai en tête la vie qui reprend son cours.
Je pense bien entendu à la rencontre de mon bien-aimé à Paris, un 11 février 2017.
Pour la suite, je ne souhaite que le bonheur et la santé de mes proches. Des années douces et simples. Des libertés à assumer. Des sourires et des rires à communiquer. Des projets à concrétiser, comme une biographie que je co-écrit actuellement et des cours de piano que je souhaite reprendre. Surtout : de belles expériences à vivre, de celles qui font pétiller.


