Célibataire, pour le meilleur et pour le rire

Une pièce exagérément drôle tourne actuellement au théâtre de Jeanne, à Nantes. Le célibataire y est moqué à coup de figures de style et d’acteurs qui vous épinglent.

Célibataires - Affiche - Visuel site

Lorsqu’une amie me propose de voir la pièce « Célibataire », c’est très rapidement que je réponds à l’affirmative. À l’heure où la course pour trouver l’amour ne cesse de croître, à en voir le chiffre d’affaires des sites de rencontres par exemple, je me suis demandée à quel spectacle je pourrais assister. Quel allait être le tableau? Ici, Rodolphe Sand et David Talbot réalisent cette comédie interprétée par les comédiens Julie Delaunay, Thibault Martel et Thierry Patru.

Petite présentation que vous retrouvez sur le programme :
« Hilarant et tellement vrai ! Antoine, Christiane et Bruno sont amis de longue date et célibataires. Peut-on passer facilement de l’état de célibattu à celui de célibattante ? Pas sûr ! Découvrez leur quotidien de célibataires à travers une série de tableaux savoureux !»

C’est donc avec Léa que je découvre le théâtre de Jeanne. À notre belle découverte, le bâtiment est orné de Rose et scintille à l’entrée d’une rue étroite et discrète. Avant même d’entrer, l’ambiance est plantée. Nous y pénétrons et y découvrons un cadre chaleureux, ainsi que son guichetier. C’est accompagnées de son sourire que Léa et moi prenons nos places. Le public est peut-être comme moi, se demandant s’il va apprécier le spectacle. J’y suis effectivement allée avec beaucoup d’entrain, heureuse de me refaire un « petit théâtre ».

La pièce? Trois célibataires en mal d’amour, avec ceux qui cherchent en l’assumant et ceux assumant ne pas chercher. En fait, tous tentent de vivre sans cette sensation qui vous change la vie. De scénettes en scénettes, le public rit de plus en plus et la complicité des personnages vous surprend. Un petit message trouvé dans une boite lors d’un des tableaux aura raison de l’aventure…Ne cherchons pas l’amour lorsqu’il est a porté de cœur. Certes, c’est parfois du déjà vu. Les traits du célibataire au physique disgracieux sont très fortement grossis et ce dernier est traité tel un beauf, ayant pour seule mission de trouver l’amour. Le tout avec une petit happy-end. Mais ce que j’en retiens le plus c’est le jeu d’acteur et tout particulièrement celui de Julie Delaunay, actuellement en One-man show au Théâtre de Jeanne. Canon, énergique, drôle, talentueuse avec une voix bien singulière…Je me suis régalée à regarder son jeu et celui de ses partenaires lui donnant la réplique.

Enfin, un passage que j’affectionne particulièrement de « On ne badine pas avec l’amour » signé Alfred de Musset, m’a mise en joie. Cette poésie en fin de pièce, que je laisse les prochains spectateurs découvrir, m’a déroutée car apportait un certain contraste dans un scénario jusqu’alors plutôt léger. En clair, encore une belle surprise. Avis aux nantais et personnes de passage à Nantes (18 euros la place) et aux étudiants (12 euros, sauf le samedi), vous ne perdrez pas votre temps (et argent) en découvrant « Célibataire » au Théâtre de Jeanne. Rien ne vaut une levée de rideau à l’occasion !
Théâtre de Jeanne 5 rue des Salorges, 44000 Nantes
06 99 10 76 05
Arrêt de tram Gare Maritime
>> Programmation à découvrir ici 

Retour aux sources

Je prends enfin le temps d’écrire un article pour donner des nouvelles. Je suis rentrée de l’Inde début décembre. Après, tout est passé très vite. J’ai pu profiter des jours qui passaient pour flâner, pour lire, pour « surfer » sur le Web. Au début le temps filait à toute vitesse. C’est en ce 21 janvier qu’il est temps pour moi de rentrer à Nantes. Retrouver mon appart’ d’étudiante. Ma vie d’étudiante.

Je suis Charlie
L’Inde me semble si loin. Que de bouleversements depuis mon arrivée, dont cet attentat. Atroce. J’ai l’impression qu’il fait partie de ma vie. Comme une épreuve qui m’est personnelle. Je le considère comme une expérience, une étape. Quelques jours après, je me sens sonnée. Je n’ai fait que lire des articles à propos de ça. Lire la presse, écouter la radio, regarder la télévision, en parler…j’étais en boucle. J’étais touchée et je ne comprenais pas. Les médias n’ont pas toujours bien traité la chose d’ailleurs. Que ce soit entre le « Jeannette sortait-elle vraiment avec Charb ?» ou des journalistes qui interviewaient des gens qui n’avaient aucune info…. Je lisais ce matin un article de Bruno Masure et ce dernier se disait peiné du traitement de cette information. Le commentaire d’une internaute a quelque peu traduit m’a pensée : « le mécanisme de manipulation des foules a bien été décrit en 1984 par George Orwell : créer un sentiment d’angoisse profonde face à un évènement, par un battage médiatique intense, puis apparaitre comme le sauveur, avec des paroles apaisantes, un visage rassurant, afin que les gens s’en remettent totalement à ce sauveur…et abandonnent totalement leur sens critique. »

Je ne pense pas que les gens aient laissé de côté leur sens critique mais traiter une information en boucle avec des suppositions d’experts rend le discours flou. Les rassemblements m’ont touchée. Aujourd’hui la déferlante de haine m’inquiète. Je prends conscience qu’il y a des dialogues impossibles. Je ne comprends pas non plus pourquoi de nombreux dirigeants défilent, pour ensuite accuser Charlie Hebdo d’être responsable de ce massacre…C’est ridicule. C’est insensé. C’est hypocrite. Autant rester chez soi. Il y a de nombreux débats sur Facebook. Dont celui de savoir si les gens achètent Charlie Hebdo pour leur conscience où par soutient. Je pense que cette action est un prolongement des manifestations. Certes, beaucoup ne l’ont jamais acheté et je pense que ça les rassure. C’est un moyen de se sentir utile, impliqué. Car on se sent si impuissant dans ces moments. Moi, je me sens complètement impuissante.

Tiffany Cooper

…Je souhaitais écrire quelques mots pour évoquer les semaines passées et je repars sur ce sujet. C’est comme ça depuis le 7 janvier. Dans chaque conversation j’y reviens. « À l’époque » je lisais « L’identité malheureuse » d’Alain Finkielkraut. Héritage, transmission, intégration…je crois que je vais me replonger dans cette lecture, car je l’ai soudainement stoppée à la page 200 pour m’intéresser aux attentats. Pourtant je ne lisais pas Charlie. Pourtant, j’étais parfois offensée par des caricatures sodomites. J’aime la caricature tout de même et avait justement eu, pour la première fois, un livre de caricaturistes à noël. Je ne dis pas que je suis opposée à Charlie. Si tout peut, et doit, être montré, alors l’éducation est à revoir. Il faut de tout pour faire un monde et si une lecture ne plaît pas, personne n’est obligé de la consulter.
Une citation d’Hubert Reeves me semble si juste : « L’Homme est l’espèce la plus insensé, il vénère un Dieu invisible et massacre une nature visible ! Sans savoir que cette nature qu’il massacre est ce Dieu invisible qu’il vénère. »

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Je voulais parler de Finkielkraut et me voilà repartie.

Ma rentrée approche. Il était temps. Les premières lettres de motivations se rédigent, les CV se peaufinent, les recherches d’entreprises commencent, les lectures de mémoires débutent…tout va passer si vite. Il est hélas impossible de tirer le temps vers soit. De le garder, pour ensuite le relâcher avec beaucoup de douceur. Non, le temps file. Il file.

Je souhaite à tous les internautes une bonne et une heureuse année. Je n’écris pas les formules d’usage car vous les connaissez.

Les écoliers du Kerala

Lors de mes balades au Kerala, j’ai souvent vu des enfants aux bords des routes, rentrant de l’école. Tous sont apprêtés d’une tenue d’écolier très élégante. J’aime beaucoup les petits rubans des jeunes filles dans leurs cheveux. Ces écoliers ont le sourire et saluent très facilement. Ici, j’ai eu l’envie de visiter une école au sein de Kunnamangalam (ville où je réside). C’est derrière la moto d’un Indien que je suis partie avec mon vieux Canon, sillonner les routes et les petits villages aux alentours. Quand je suis arrivée dans le premier petit établissement au fin fonds de la campagne keralaise, j’ai eu de la chance car c’était l’heure de la pause. J’avais l’impression que ces enfants m’attendaient. Tous sont venus autour de moi, que de rires et d’éclats de voix, avec toujours cette même question: « es-tu mariée » ? Je ne peux expliquer pourquoi mon regard se tourne vers les enfants depuis le début de ce voyage. Un enfant est un être universel mais ici c’est différent. Leur regard sur moi n’est pas le même. Au Kerala, j’attise leur curiosité. Ils me regardent, me questionnent, me suivent. J’aime tant leur spontanéité Voici quelques photos de cette visite très apaisante. 


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La famille

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Que de pères, que de mères, que d’enfants… Ici pas de poussette, ce sont les parents qui, à la force des bras, étreignent leurs petits. Une fois de plus je me demande pourquoi je m’en étonne. Peut-être parce que nos divorces ont foutu pas mal de familles en l’air ou parce qu’il y a un rapport beaucoup plus charnel avec mes indiens et leur progéniture. Sur la plage de Calicut, il y a beaucoup d’amour ! J’aime y voir les foulards colorés, les sourires, les familles et les pieds nus dans l’eau. Sentir le vent chaud, observer les indiens curieux, me laisser bercer par le ressac d’une mer agitée… J’aime m’asseoir sur le sable, regarder droit devant et laisser passer de longues minutes après avoir contemplé l’horizon. Entre Saint-Malo et L’Inde, je suis toujours happée par le large…

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Je rêvais de l’Inde

Petite, j’ai regardé un film qui m’a marqué : «je rêvais de l’Afrique», de Hugh Hudson avec Kim Basinger et Vincent Perez. L’acharnement d’une femme à vouloir vivre en dans ce pays immense. Depuis, j’ai toujours voulu y aller. D’abord parce-que mon père, y ayant vécu, m’en a toujours donné l’envie et puis parce-que j’avais été très touchée par ce film. Jamais je n’aurai cru rêver d’un autre pays. Et puis, il y a eu ce choix d’une université pour mon master 2. Après une sélection de plusieurs école, je reçois un mail m’annonçant que j’irai passer quelques mois en Inde, au sein de l’IIMK : Indian Institute of Management Kozhikode.

296px-IIM_Kozhikode_Logo.svg_ Campus IIMK

La vie sur le campus
Je n’avais jamais pensé à l’Inde. Certes, je l’avais mentionné dans mes choix, mais après la Chine où le Japon. Voilà déjà quelques mois que je suis ici…et tout ne pourrait pas mieux se passer. Je découvre la vie sur un campus. Niché sur une colline avec une vue magnifique, une vue imprenable. La plus belle des vues qu’il m’est été donné de voir. J’ai la chance d’avoir une colocataire adorable, une jeune femme avec un brin de folie comme je les aime. Et il y a les indiens…ces indiens. Beaucoup s’attachent très facilement…j’ai reçu tant de doux messages…et même des poèmes. Sur un campus vous avez toujours quelqu’un à qui parler, le rythme est tel que même à 3H du matin il m’arrive souvent d’enfiler mon jean pour aller papoter dans une chambre voisine. Les cours me plaisent, la bibliothèque est très agréable, les professeurs sont bons et l’université très réputée.

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La population, ses sourires et ses questions
La vie sur le campus est très agréable, mais j’ai souvent envie de prendre l’air, monter derrière une moto et faire un tour. Malgré le danger, j’adore ça. Ici il n’y a pas de règles et il faut avoir confiance en la personne qui vous conduit. Au final je trouve ça très amusant, même s’il y a de graves accidents. Surtout qu’ils ne portent pas de casque. En ville, c’est obligatoire, mais uniquement pour le conducteur. Les cheveux au vent je regarde les petits magasins de mon village à Kunnamangalam, juste en dessous du campus. Beaucoup de regards, avec sans doute cette question : « mais qui est cette femme blanche ? »
Je trouve les indiens très doux et sensibles. En dehors du campus je ne les connais pas vraiment, mais ceux que je côtoie ici sont très touchants et sont souvent, voir tous les jours, à mes petits soins.

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Je ne devrais sans doute pas écrire ça, mais c’est parfois c’est dure d’être ici. Dure car on essaye de ne pas s’attacher et c’est impossible. Comment vais-je faire quand je vais rentrer en France et qu’il n’y aura plus Peeyush, Siddharth, Rohit, Mohit, Abhisheik, Lijo, Ratan, Anna, Kalpana, Megna, Navya, Arhun, Chanchal, Suraj…Oui j’ai des amis, ici et là, mais tout semble différent à IIMK. Les rapports sont très forts car vous côtoyez les gens tous les jours. Ils sont tous adorables, j’ai rarement eu autant de compliments. Je pense que c’est le côté occidentale qui joue beaucoup. Pour une personne manquant de confiance, c’est une thérapie qui peut s’avérer être très efficace. Il ne faudrait pas que je reste plus de 4 mois, je risquerais presque de prendre la grosse tête.

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Les escapades
Ici, je me surprends à ne pas m’attarder sur les paysages. Je pense que de beaux paysages, il y en a partout. Alors oui, certains sont différents et la vue à l’IIMK me marque particulièrement. Je n’ai pourtant qu’une envie quand je voyage en Inde : prendre les gens en photo. Jamais je n’aurai pensé vouloir faire autant de portraits. Ce que je préfère c’est la photo au naturel, quand la, ou les personnes, ne se doutent de rien. J’ai alors pris des enfants, beaucoup d’enfants. Des parents et leurs enfants. Des gens dans la rue, des rues avec les expressions des personnes qui l’animent. Vous pouvez en voir certaines…des sourires communicatifs. Lors de mon retour en France j’ai l’impression qu’il me sera difficile de poursuivre cette collection. J’avais déjà commencé à prendre des enfants à la volée. Lorsque je me balade sur la plage de Calicut beaucoup d’enfants me courent après et des gens me suivent. Tous réclament des photos et me posent des questions. C’est si amusant.

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Impuissante face au temps qui passe
Le problème du bonheur c’est qu’il passe très vite. Ici les journées m’échappent. J’essaye de les rallonger en me couchant très tard, mais rien n’y fait. Cette période de l’année, de septembre à décembre, me semble toujours très rapide en règle générale et là c’est encore pire. Je vois les journées défilées. Tout comme le Canada, je me souviendrai toute ma vie de ces moments passés ici. Parfois j’ai envie de rentrer juste pour vivre quelques instants de vie « normale », car la vie ici n’est pas normale. Trop sécurisante et bienveillante. Je ne parle pas de la vie en Inde mais de celle du campus. J’aimerais vivre ma vie dans ce genre d’endroit. Où on ne se sent jamais seule et où il y a toujours quelqu’un pour vous. Je pense chercher un stage ici l’année prochaine, entre Bombay et Bangalore. J’espère Bangalore, j’y vais d’ailleurs dans quelques jours dans le cadre d’un projet d’étude.

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Tout va bien
Tout se passe donc très bien. Je me ferai un plaisir de remettre, même à mon retour, des photos de l’Inde et surtout de ses Indiens.

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Bruno Gaccio et son « petit » manuel de survie

Cette musique des Fleetwood mac, groupe formé en 1967, m’a été suggérée par une très bonne amie canadienne, Chloé.

« Players only love you when they are playing« …♫

Un week-end solo et très tranquille vient de se terminer. Hier je flânais à La Baule et aujourd’hui je suis restée à mon bureau. J’ai lu le dernier livre de Bruno Gaccio (lui-même s’amuse de sa biographie wikipédia, allez-voir).

Bruno Gaccio

Je suis sortie de cette lecture un peu dans le même état d’esprit qu’après avoir lu « Le fanatisme de l’apocalypse  » de Pascal Bruckner. Peu de réjouissances, mais beaucoup de réalisme. Je trouve le monde un peu fou et l’homme complètement dingue. Le mensonge, l’hypocrisie, le pouvoir, le sexe, l’argent. La vie n’est pas simple car faite, hélas, de mauvaises et très sales personnes. Ces réflexions dignes d’une adolescente qui découvre la vie ne font pas avancer le débat, mais celles de Bruno, oui.

« L’histoire regorge de ces moments de restructuration où tout s’écroule et tout renaît »

Il est bon de voir que des gens œuvrent, comme ceux du collectif Roosevelt et du parti Nouvelle-Donne. J’ai aimé découvrir Bruno Gaccio que je connaissais de nom (ce qui veut dire très peu voir pas du tout). J’aime son franc parlé, son humour, sa répartie. En conférence au CCO il s’excusait d’envoyer des SMS à ses enfants entre deux réponses, fumait sa cigarette électronique sans discrétion, me faisait sourire à chacune de ses interventions. Parce qu’en fait, il est spontané. Et on manque cruellement de spontanéité. J’ai la chance de l’interviewer cette semaine au micro de Radio Prun’. Je termine sur ces citations relevées du livre.

0.2 % des plus riches cumulent 39.000 milliards d’euros

À ce stade c’est plus du pipeau mais un concert de trompettes” (discours des politiques)

Faire sans arrêt la même chose en espérant un résultat différent, c’est là, la vrai folie.” (Albert Einstein)

Suivre l’interview via Radio Prun’ : cliquez ici

Ambiance du soir

Daman Albarn
Cet artiste est né d’une famille artiste-bohème. Amoureux de la musique Classique, Daman apprendra le violon et le piano. The Lark Ascending de Vaughan Williams est un morceaux qui le suivra toujours. Il s’inspirera aussi beaucoup de groupes comme Madness, Jam où Specials…

Conférence avec Bruno Gaccio 
Courte présentation de la musique du soir, ou plutôt du matin, puisqu’il est 1H. Une fois de plus j’ai été déraisonnable. Je commence un rapport d’activité à minuit car j’ai souhaité assister à une conférence au CCO de Nantes avec le charismatique Bruno Gaccio. Cet homme est ouvert d’esprit avec beaucoup de prestance, pour couronner le tout il expose des notions économiques et sociétales avec beaucoup d’humour et d’images. Quand il s’exprime, impossible de se disperser, et c’est une grande étourdie qui l’écrit ! Je ne me lassais pas de l’écouter. Un franc-parler qui fait du BIEN et met à l’aise. J’ai une fois de plus rencontré de belles personnes, comme un couple, un peu près 50 ans, qui me parlaient de « Nouvelle Donne ». Un nouveau parti qui prône d’autres valeurs, car comme dirait le scénariste Gaccio : la gauche meurt. J’ai senti beaucoup d’enthousiasme de ces citoyens engagés et ça m’a donné le sourire.

Beaucoup de métaphores ce soir pour nous expliquer le non-sens de nos politiques. J’ai été surprise des chiffres que je vais vous exposer. Enfin surtout deux. Il s’agit, en France, du plus grand écart entre ce que gagne une famille de revenu moyen et le joueur de foot le mieux payé. Et bien ce joueur de foot gagne 390 fois plus. Soit 16 millions de dollars par an, à coté des 41.000 euros pour un modeste foyer. AH les disparités…Je peux aussi rajouter que certains PDG aux Etats-unis gagnent 800 fois plus que leurs employés…800. Je ne suis pas naïve. Je sais bien que ces contrastes existent, mais parfois on ne préfère pas entendre les chiffres.

Je devais juste poser quelques mots mais je suis emportée par l’envie de vous raconter cette soirée. Mais ce sera pour plus tard. D’autant plus que Bruno Gaccio m’accorde une interview dans le cadre de mon émission « Médiatisez-Moi » sur Radio Prun’.

Douce fin de journée

Le grand retour

« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. » René Char

ImageCrédit image : Gregory Pouy

Commencement. Je suis heureuse de reprendre l’écriture, je n’ai pas écrit des pages et des pages, mais les articles que j’ai posés ici, je les ai aimés. Ces derniers mois, moins de lectures et écritures, mais comme toute passade doit passer, c’est reparti. Je suis actuellement en stage au sein d’une rédaction économique spécialisée : Le Journal des entreprises. Je m’y sens bien et les jours passent vite. L’équipe est patiente et bienveillante. J’apprends tous les jours et c’est la définition parfaite d’un stage porteur. J’en suis très satisfaite et une fois de plus j’y ai rencontré des gens intéressants et intéressés. Dans le journalisme, ce serait difficile de ne pas l’être, mais sait-on jamais !

Expérience Erasmus
J’ai appris que je vais passer mon semestre 1 de Master 2 en Inde, au Kerala. Il s’agit d’une université de management, nichée en haut d’une colline. En avant les démarches pour y aller et si tout se passe bien, en route vers de nouvelles aventures. J’attends avec grande impatience le choc des cultures. Avant cela, je vais commencer la rédaction de mon rapport de stage et passer quelques week-end entre Saint-Malo et La Baule. Un besoin de voir la mer et d’entendre son ressac.

Radio Pun’
J’ai oublié une chose, SI importante : le bonheur d’avoir réalisé une émission (Médiatisez-moi) au sein de Radio Prun’, radio associative nantaise. J’ai beaucoup appris de cette expérience qui m’a fait, encore et toujours, rencontrer des passionnés, des chroniqueurs devenus de bons copains, apprendre du management d’équipe et découvrir l’univers technique et organisationnel d’une structure comme cette radio qui vient de fêter ses 15 ans. Une radio riche, un exutoire agréable. Si beaucoup d’émissions ont été annulées pour cause d’emplois du temps chargés des uns et des autres, celles qui ont été montées m’ont ravie. Beaucoup de satisfaction, mais aussi un sentiment de frustration car les moments en studio passent toujours trop vite !

Après une bonne journée au soleil, à flâner au bord de mer, j’apprends doucement à prendre le temps de me poser. Et ça-fait-du-bien ! Alors, à très vite !

Éloge du point d’interrogation

7752774083_oui-mais-quelle-est-la-question-de-bernard-pivotEn ce dimanche bien gris, c’est un livre de Bernard Pivot, « Oui, mais quelle est la question? », que j’ai dévoré. Un ouvrage un brin auto-biographique. À sa lecture je me demandais souvent si les propos étaient ceux d’Adam ou de Bernard Pivot. Pourquoi cette affinité? Et bien parce-que j’adore les questions. Ma curiosité est viscérale. Les questions restées sans réponses font que l’on cogite, que l’on se mire dans nos supputations où nos silences amers. Si on arrive, un jour, à ne plus redouter la question bête, il se pourrait que l’on résolve certains problèmes.

« N’y restant parfois qu’une nuit ou qu’un week-end, combien de femmes sont entrées dans ma vie? Pas assez pour prétendre au classement national des séducteurs, trop pour nier une inadaptation au couple. Entre les femmes que j’ai aimées, que j’ai cru aimer, que j’ai rêvé d’aimer, que j’ai essayé d’aimer, que j’ai regretté d’avoir aimées, avec qui j’ai couché rien que pour le plaisir, et les femmes qui m’ont aimé, qui ont cru m’aimer, qui ont essayé de m’aimer, qui on regretté de m’avoir aimé, qui on fait l’amour avec moi parce qu’elles en avaient probablement envie, cela en fait, du monde! Ma petite gueule sympa, surtout quand j’avais de longs cheveux noirs ondulés, et ma notoriété ne m’ont pas servi  à n’obtenir que des interviews (…) L’amour est un terrain fertile sur lequel poussent des fleurs de rhétorique et les herbes folles du baratin. »

J’ai aimé ce passage pour son énumération de suppositions d’actions et de réflexions. C’est aussi un homme mûr qui les écrit, avec la lucidité d’avoir été dans le vrai, ou pas. C’est amusant de découvrir la spontanéité d’un enfant dans la bouche d’un adulte. Oser poser les questions, creuser au point d’en devenir inquisiteur, impudique et indiscret. Qui n’est jamais frustré de ne pas assouvir une curiosité? Aussi futile soit-elle. Ce n’est pas le cas de l’auteur, que l’on sent libéré d’assouvir sa « questionnite ».  C’est en tous les cas une nouvelle piste du bonheur qui se présente, mais bonheur dont il faut parfois assumer les réactions. Et il ne s’agit pas ici que de questions banales. Car certains pourraient se dire « et bien j’en pose, moi, des questions ». L’académicien entend les questions auprès de nos proches, du quotidien qui nous taraude, du silence chez l’autre que l’on souhaite faire éclairer. Si nous nous posions plus de questions, mutuellement, nous aurions probablement moins de secrets et/ou inquiétudes à contenir, à supporter. En cela je pense que les rapports n’en seraient que préservés. D’ailleurs, il parait qu’en psychanalyse le médecin pose plus de questions qu’il n’émet de diagnostics. Alors évitons nous des frais.

C’est simple, certes, très simple. Mais c’est aussi entraînant et plein de vie. Je pense que beaucoup peuvent s’y retrouver, que ce soit chez cet intervieweur acerbe où dans les réactions, étonnées, de ses interviewés.

Je termine avec une critique de François Busnel au sein de l’Express : « Avec cette fable virevoltante, Bernard Pivot rappelle que bien vivre consiste à poser des questions, plus qu’à asséner des réponses. »