Femme de lettres, Françoise Sagan est née en 1934 et est décédée en 2004. Entre ces années, il y a des romans magnifiques et une femme qui parle aussi bien de l’amour qu’Edith Piaf. C’est « bonjour tristesse », en 1954, qui lancera la carrière de l’auteure.
J’ai commencé ma découverte de Françoise Sagan par la lecture du roman un miroir égaré, paru en 1999. Je me souviens avoir commencé l’histoire ravie. Peuplée de bonnes intuitions. Ce livre allait me plaire. C’est de Françoise Sagan, je pensais donc aux belles formules, aux beaux aphorismes et aux perceptions des choses qu’elle dépeint si bien. Les premières pages m’ont ennuyée. J’imagine alors que le milieu sera surprenant et la fin renversante. Rien, je n’y comprends rien. C’est pire que du Marc Levy. Sybil est trompée par François. François est perdu, mais aime toujours Sybil. Oui et après ? Je ferme ce livre déçue comme jamais. Il faut absolument que j’en lise un nouveau pour passer le mauvais goût et ça tombe bien car deux autres romans du « petit monstre » trônent dans ma bibliothèque.

Je poursuis alors avec un profil perdu, paru en 1974. Je comprends pourquoi tout ce succès ! J’ai probablement dût commencer par un roman en période creuse ou je n’ai peut-être pas cernée tout de suite le style « Sagan ». Toujours est-il, je suis emportée dans ma lecture, impossible de m’arrêter. Là il se passe des choses et les formules sont plus épaisses. Le protagoniste s’interroge, nous questionne également et rencontre d’autres personnages tout aussi curieux. C’est l’histoire d’une femme, Josée. Cette dernière se sépare doucement d’un mari violent et fait la rencontre de Julius A.Cram, un homme riche et puissant. Ce financier va la prendre sous son aile et lui offrir tout ce dont une femme déboussolée et jusqu’alors entretenue a besoin : une dignité. Elle trouve un logement, un travail et des amis. Mais tout cela est orchestré d’une main de maître par cet homme qui paie les factures et trouve un emploi à Josée. Je découvre rapidement qu’elle quitte une vie de femme sous l’emprise d’un homme pour s’asservir à un autre. L’indépendance à un prix qu’elle ne semble pas prête à assumer. Bonjour tristesse. L’amour et ses compromissions. Je quitte Un miroir égaré ou Sybil subit les tromperies de François sans rien dire à Un profil perdu ou Josée ne conçoit pas la vie sans être sous la coupe d’un homme. J’assiste ici à des amours contrariés.
A la fin d’Un profil perdu, je suis émue par Julius A.Cram. J’ai été stupéfaite toute la durée du roman par sa dévotion envers Josée. Son amour incommensurable. Je crois même que c’est cela, aimer quelqu’un. Accepter que l’autre fasse ses expériences tout en continuant de l’aider. C’est beau mais c’est fou. Il croit en cet amour à un tel point qu’à la fin du roman je commence à trouver ce financier déséquilibré. La raison faiblit souvent lorsque l’on s’éprend de quelqu’un. Julias A.Cram réalisera que cet amour est impossible suite à une annonce que lui fera Josée. Ce n’est pas lorsqu’elle lui avoue sa grossesse, comme je le crois. Non, c’est lorsque cette dernière lui annonce son mariage avec Louis, le père de son enfant. Cette confidence l’achève. J’ai pu sentir le grand désespoir de cet homme. Il a formulé d’une manière qui m’a touchée son amour: « depuis que je vous connais, je ne me sens plus seul. J’ai toujours été quelqu’un de très seul, par ma faute, sans doute. Je ne sais pas parler aux gens, je leur fait peur ou je leur déplais. Depuis que je vous connais, je ne m’ennuie plus. » C’est principalement cela l’amour : ne plus se sentir seul. Roland Barthes l’a également justifié par la position d’attente que nous procure cette sensation. Julius A.Cram a effectivement attendu que Josée l’aime et en homme éduqué il a tout fait pour lui plaire. La vie est parfois mal faite car elle n’aimera pas le riche parisien, mais un vétérinaire qui n’aspire qu’à la campagne.
Au-delà de l’histoire, plus complexe que les tromperies d’Un miroir égaré, ce roman nous plonge dans nos propres dépendances et nos propres contradictions. Il nous interroge sur les principes que nous sommes prêts à braver pour poursuivre une histoire d’amour qui peut s’avérer être délicate et infructueuse. Nous connaissons les adages qui nous rappellent à quel point nos émois peuvent nous faire perdre la tête. En bon lecteur, on juge la situation de Sybil comme celle de Josée. Mais en tant que personne, qui sommes-nous ? Jusqu’à quel point sommes-nous disposés à nous soumettre dans l’attente d’une affection particulière de l’être qui nous attire ? Parce que l’on peut tous vaciller, ce roman nous rappelle l’importance de l’indépendance, qu’elle soit financière ou spirituelle. Je suis sortie de cette histoire oppressée, mais reconnaissante envers moi-même de ma propre liberté. Si je mets ces deux lectures en parallèle, c’est pour prouver qu’en amour il y a l’inutile, le temps gâché, et il y a l’essentiel, le temps décuplé.
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Je me balade souvent dans les kiosques à journaux. À chaque fois, chaque semaine, je m’empresse d’acheter un magazine ou un journal que je ne connais pas, que je connais peu ou que je connais de nom sans jamais l’avoir ouvert. J’ai une fois été fidèle à un mensuel, Causette. Puis, je suis retournée rapidement à ma dispersion.


« Jean Zay avait un point de vue fort, qui considérait que l’éducation nationale était le devoir de l’état mais qui était toujours menacé de suffisance. Alors la suffisance c’est aux deux sens du mot. Il y a la suffisance avec les suffisants qui font peur au peuple, ceux qui éloignent le peuple de la culture car ils donnent le sentiment qu’ils sont seuls à pouvoir la posséder. Et il y a la suffisance de ceux qui croient que leur institution peut à elle seule totaliser l’ensemble des missions de transmission. Jean Zay proposait donc que l’éducation populaire soit comme un engagement de la nation ». Philippe Meirieu, Professeur en sciences de l’éducation.
« La ligue a été pionnière sur la compréhension que l’éducation n’est pas circonscrite à l’école. C’est plus vaste que ça, ça rappelle que toute notre vie ce sera ce pas de plus. Nous devons donc beaucoup aux enseignants qui portent les élèves. La ligue fait des choses bien, mais ne le fait absolument pas savoir. Elle s’est constituée par l’engagement des « hussards noirs » de la république. Instituteurs de l’école publique très engagés dans la vie de la cité. Il y a eu un dessaisissement de la sphère politique ne serait-ce que par la sphère économique ». Cynthia Fleury, psychanalyste et philosophe.
« J’entends quelques arrogants, qui disent que les jeunes ne sont pas cultivés comme nous l’étions nous-même. Moi j’ai travaillé avec beaucoup de ministres. J’en ai vu des fautes d’orthographes, par des gens qui étaient sortis de l’École Nationale d’Administration ou même agrégés de philosophie, docteurs. Mais qu’est-ce donc cette façon de parler des autres ? C’est précisément l’inverse d’une démarche d’hommes et de femmes cultivés. Moi les grands esprits que j’ai rencontré, j’ai eu la chance d’en croiser dans ma vie, les Georges Charpak, les Jean-Pierre Vernant, les grands esprits qui font le rayonnement français, jamais ils n’avaient de mépris pour personne. Is ne pensaient pas qu’une faute d’orthographe méritait de faire la UNE du journal sur « ce sont tous des ânes ». C’est le contraire qu’il faut faire ». Vincent Peillon, homme politique français, Parti socialiste.
« L’idée de se vider la tête est toujours un mot qui m’a fait horreur, car une tête n’est pas faite pour rester vide. Si elle est vide, elle doit se remplir d’autres choses. La république doit former les citoyens, mais le citoyen est mis à toutes les sauces. Il ne faut jamais oublier que le mot citoyen est premier. Cité découle de citoyen et non citoyen de cité. Les citoyens c’est l’ensemble de ceux dont va découler une cité. Il y a aujourd’hui, concernant la politique, une faiblesse d’analyse et de solutions qu’ils peuvent apporter ». Danièle Sallenave, écrivaine membre de l’académie française.
LCP diffuse actuellement un documentaire de Paul-Stéphane Manier sur la genèse du média radiophonique. Présenté par le journaliste Jean-Pierre Gratien et ses invités, l’ascension de la radio y est retracée.












